Toulouse. Ma Boite à Moustique lève 1,025 million d’euros pour renforcer sa R&D et viser l’international

Créée en 2021, l’entreprise toulousaine spécialisée dans la lutte contre les moustiques accélère son développement grâce à un nouveau tour de table. Ce financement va notamment permettre l’ouverture d’un laboratoire interne en entomologie et soutenir ses ambitions d’exportation en Europe.

Lauréate du Prix de l'Innovation au Salon vert 2024 dans la catégorie « conception et aménagement urbain », la marque propose à ses clients un accompagnement complet de proximité pour une lutte globale via son réseau d’installateurs. (Photo Ma Boite à Moustique)

Lauréate du Prix de l'Innovation au Salon vert 2024 dans la catégorie « conception et aménagement urbain », la marque propose à ses clients un accompagnement complet de proximité pour une lutte globale via son réseau d’installateurs. (Photo Ma Boite à Moustique)

En seulement trois ans, Ma Boite à Moustique a su trouver sa place sur un marché en pleine mutation. Fondée à Toulouse par Romain Tiberghien et Guillaume Lombart, cette entreprise innovante a atteint un chiffre d’affaires de plus de deux millions d’euros et a clôturé son premier exercice à l’équilibre. Pour franchir une nouvelle étape, elle vient de boucler une levée de fonds de 1,025 million d’euros, réunissant des investisseurs du secteur de l’innovation, du service et de la distribution, avec l’appui de la Banque Publique d’Investissement (BPI). Cet apport financier va permettre à l’entreprise de structurer davantage sa stratégie de recherche et développement, déjà au cœur de son ADN.

« La recherche a toujours été dans notre ADN et cette nouvelle levée de fonds va nous permettre de passer à un stade supérieur dans l’étude des espèces d’insectes invasives comme le moustique tigre. Nous souhaitons apporter des solutions toujours plus innovantes et efficaces pour répondre à cette problématique de confort et de santé publique », explique Romain Tiberghien, co-fondateur et président de l’entreprise.

Un laboratoire pour étudier les moustiques en profondeur

L’un des objectifs majeurs de ce financement est la création d’un laboratoire d’entomologie en interne. Celui-ci permettra d’expérimenter de nouvelles approches de lutte contre les moustiques, notamment grâce au recrutement d’entomologistes et d’ingénieurs produits. L’étude des moustiques y sera menée en conditions réelles afin d’élaborer des solutions de rupture adaptées à l’évolution des espèces invasives.

Parmi les experts mobilisés, Antonin Leclercq, entomologiste, met à profit son expérience acquise à l’EIRAD (Entente interdépartementale pour la démoustication en Rhône-Alpes) et dans des projets comme la Technique de l’Insecte Stérile à La Réunion. « Je conseille et accompagne nos distributeurs et installateurs pour une approche globale du moustique, du développement des larves jusqu’à l’émergence. Je mets maintenant à contribution mes compétences pour tester et faire progresser, en laboratoire et sur le terrain, les produits Ma Boite à Moustique », souligne-t-il.

Marie Berling, docteure en entomologie, supervise les aspects techniques et réglementaires du développement produit. « Lors des tests terrains et laboratoires, nous évaluons, démontrons et faisons progresser la performance de nos systèmes de piégeage », précise-t-elle.

Une technologie écoresponsable issue du biomimétisme

La force de Ma Boite à Moustique repose également sur une innovation brevetée qui exploite les principes du biomimétisme. Le dispositif phare, conçu pour s’intégrer dans l’environnement extérieur, reproduit la présence humaine en diffusant une faible quantité de CO₂ biosourcé associée à un attractif odorant. Cette combinaison attire les moustiques de manière ciblée, réduisant significativement leur nuisance.

L’intelligence embarquée du piège permet de moduler la diffusion de CO₂ selon le cycle de vie des insectes et les conditions climatiques, optimisant ainsi son efficacité tout en minimisant son impact environnemental. Fabriqué en France, ce système bénéficie d’une organisation multisite : montage à Tullins en Isère, assemblage à Castres et en Lozère (avec l’ESAT A2FLS), électronique produite à Grenoble, housses cousues dans le nord de la France, et câblage effectué dans l’atelier d’insertion Passiflore.

Cette chaîne de valeur intégrée contribue à la croissance locale et sociale de l’entreprise. Plusieurs sites emblématiques utilisent déjà cette technologie, comme la Cité de l’Espace à Toulouse, la Caisse des Dépôts à Bordeaux, le Domaine de Bagard dans le Gard ou encore le Château Le Stelsia dans le Lot-et-Garonne.

Deux marques pour un même objectif : combattre les moustiques

La société toulousaine structure aujourd’hui son offre autour de deux marques complémentaires. La première, “Ma Boite à Moustique”, repose sur un réseau de 150 installateurs en France qui assurent une approche globale incluant étude de terrain, installation et maintenance. Cette marque a été distinguée par le Prix de l’Innovation au Salon Vert 2024 dans la catégorie « conception et aménagement urbain ».

La seconde marque, Wiliv, a été lancée en 2024 pour adresser le marché grand public. Distribuée via un partenariat avec Evergreen Garden Care, elle vise à démocratiser la lutte anti-moustiques à domicile. Une application mobile permet d’accompagner les utilisateurs pour optimiser l’installation et la prévention. Déjà référencée dans plus de 100 points de vente, Wiliv a été récompensée pour le design de ses produits aux Journées des Collections à Marseille en 2024.

Une ambition européenne assumée

Ma Boite à Moustique envisage désormais une expansion au-delà des frontières françaises. En 2025, la commercialisation débute en Suisse, avec des tests en cours en Italie, au Luxembourg, en Belgique et au Portugal. Cette phase expérimentale vise à valider la pertinence des dispositifs selon les spécificités territoriales.

Adrian Lafage, responsable export de l’entreprise, détaille cette stratégie : « face à la progression rapide de la nuisance liée aux moustiques en Europe, comme nous l’observons déjà en France, notre ambition est de proposer une alternative plus durable aux solutions traditionnelles. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) rapporte l’implantation du moustique tigre dans 13 pays européens, contre 8 il y a seulement dix ans. Nos dispositifs, en plus de capturer les moustiques de manière ciblée, permettent aussi d’enrichir les connaissances sur leur présence et leur évolution dans chaque territoire. »

Ma Boite à Moustique entend s’imposer comme une référence européenne de la lutte écoresponsable contre les moustiques, en alliant innovation scientifique, ancrage territorial et souci environnemental. Grâce à cette levée de fonds et à son laboratoire interne, l’entreprise toulousaine franchit une étape stratégique et confirme ses ambitions : améliorer le confort des usagers tout en contribuant à une meilleure connaissance des écosystèmes.

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